Le 2 novembre 1914, les Allemands portent de nouveau leur attention sur les tranchées de Neuve-Chapelle. Elles sont relativement isolées des lignes arrières que les hommes ne peuvent  rejoindre qu'à découvert en traversant des bosquets et des priaries. Les fils téléphoniques sont coupés et les communications très difficiles. A une cinquantaine de mètres, face aux Allemands, le 2nd Gurkha est en position depuis la nuit du 29 au 30 octobre. Les tranchées dans cette partie de ligne sont très mauvaises. Ce ne sont plus que des fossés boueux, mals protégés du feu. Le 2 novembre à l'aube, les Allemands ouvrent un feu meurtrier d'obus explosifs et de mortiers de tranchée. Vers 8 heures l'attaque commence, les survivants résistent aussi longtemps qu'ils le peuvent mais cèdent face au nombre.

Entre-temps, le lieutenant Innes, officier en charge des mitrailleuses Maxim du bataillon rassemble une douzaine de Gurkha encore valides de la compagnie et contre attaque les Allemands qui se sont engouffrés dans la tranchée. C'est un combat indécis, au corps à corps. Pendannt ce temps, le major Roos, s'aperçoit que l'attaque allemande a créé un brèche d'environ 150 mètres. Il faut la combler, il réunit avec Le subadar-major Man Sing Borha,un peloton de la compagnie n° 3 et contre attaque en direction des tranchées occupées par l'ennemi. Un furieux combat au corps à corps à lieu. Il se solda par la mort des deux officiers et de la Plupart de leurs hommes. Les Allemands continuent à progresser. Il ne reste maintenant que les subadars Dalbahadur Rana, Fateh Sing Newar et le jemadar Suba Sing ainsi que quelques hommes de la compagnie n° 4, les autres ayant réussi à se replier. Après un bref baroud d'honneur, ils sont obligés de retraiter à leur tour.

Vers 17 heures 30, alors que l'obscurité envahit le champ de bataille, le lieutenant-colonel Norie décide de renouveler la contre-attaque afin de rétablir la ligne de front perdue le matin. Le lieutenant-colonel Norie, son frère le major Norie et le capitaine Corse-Scott prennent la tête d'un groupe formé d'un escadron du 7ème Dragoon's Guards, de la compagnie du 1er bataillon du Royal Sots Fusiliers et d'une compagnie du 6ème Jats. Legroupe n'a franchit qu'une cinquantaine de mètres que les Allemands ouvrent un violent feu de fusils et de mitrailleuses. Le major Norie est grièvement blessé. Ne pouvant plus progresser, le lieutenant-colonel Norie ordonne le repli. Malgré l'échec de la contre-attaque, les Allemands se rendent compte qu'ils ne peuvent continuer à tenir cette position contre une autre offensive indienne et décident de la quitter.

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Au début de l'attaque allemande, le colonel Norie, commandant le bataillon se trouve à son état-major situé dans une ferme à proximité de la route menant à Pont-Logy. Dès l'annonce de l'offensive allemande, il réunit un groupe dont il prend la tête et se dirige en direction de Neuve Chapelle. Il localise rapidement l'un des mortier de tranchée qui pilonne les positions tenues par ses hommes et le réduit au silence. Le groupe fait ensuite mouvement vers les positions tenues par le 1/9ème Gurkhas d'où il prend pour cible l'ennemi jusqu'à épuisement des munitions puis regagne son Q.G afin de suivre la situation grâce aux messages qui luis ont envoyés.

En fin de matinée, les renfort arrivent, la Derha Dun Brigade, les 250 cavaliers du 34ème Poona Horse et le 7ème Dragoon Guards. Vers 13 heures 30, la contre-attaque est lancée en trois vagues successives avec à sa tête le lieutenant-colonel Norie. Un déluge de feu s'abat sur les cavaliers. L'avant gzarde est stoppée à 150 mètres des tranchées. La confusion est telle que Norie n'arrive plus à distinguer quelle est la partie de ligne toujours occupée par les Gurkhas. Le Poona Horse et les réserves du 2/2nd Gurkhas restent dans cette position jusqu'à ce qu'un violent tir de barrage s'écrase sur eux vers 14 heures 30. Ils sont obligés de reculer d'environ 200 mètres et de trouver refuge dans un fossé. Le 2/2nd Gurkhas reçoit l'ordre de se retirer alors que le 34ème Poona Horse doit continuer à tenir sa position jusqu'à ce que des nouveaux ordres lui parviennent. Probablement fatigués par leurs assauts répétés, les Allemands ne peuvent exploiter ce succès.

Les pertes du 2nd Gurkhas sont terribles. Pour cette seules journée 7 officiers britanniques sont tués, 2 blessés, 4 officiers Gurkha tués et 3 blessés (soit 16 officiers hors de combat sur un effectif moyen de 23 !!), 44 sous officiers et hommes de troupes sont tués et 99 blessés (soit 1/5ème du bataillon) . Parmi eux beaucoup de disparus enterrés dans les décombres des tranchées. Cette journée a un effet dévastateur sur le moral des Gurkhas, ils ont perdu en 3 jours 10 officiers britanniques sur 13 et leur subadar-major : officier indien le plus ancien du bataillon, vénéré par tous les hommes.

Le 1/9ème Gurkas a à déplorer la mort d'un officier britannique et quelques Gurkhas blessés.

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