Troupes Indiennes 1914-1915

Histoire du Corps Indien en France en 1914 1915: photos, cartes postales, témoignages et cartes des combats.

07 janvier 2006

Festubert, les 23 et 24 novembre 1914

Le 23 novembre 1914 eut lieu un violent fait d'armes qui allait impliquer les deux divisions indiennes (Meerut division et Lahore Division). C'est à Festubert qu'eut lieu ce "coup de main" allemand. La contre-attaque qui s'ensuivit allait permettre à certains hommes de se distinguer par leur héroïsme et leur bravoure.

Relève dans la nuit du 22 au 23 novembre 1914

Durant la nuit du 22 au 23 novembre, la 7ème division indienne (Meerut) est en partie relevée par la Lahore Division sur le front de Festubert. C'est un front d'environ 2 kilomètres, une position stratégique dans le dispositif allié puisqu'il forme la jonction entre le Corps Indien et la 21ème Armée française du général Maistre. Le temps très froid et la neige rendent les conditions de vie extrêmement difficiles. Les hommes en ligne sont peu habitués à ce genre de climat. Le moral n'est pas élevé. Face à eur le 112ème régiment d'Infanterie Badois (112 IR). Depuis son arrivée, queques jours plus tôt, le régiment allemand creuse des boyaux qui s'approchent de plus en plus de la ligne indienne. Lors de la relève, les officiers font part de leur inquiétude à leurs homologues. Ils s'attendent à être attaqués à tout moment. La prudence est donc de mise. Chaque bruit suspect fait l'objet de la plus grande attention.

L'attaque allemande

L'aube se lève à peine, le 23, quand un déluge de feu s'abat sur la tranchée du secteur centre. Les Indiens sont surpris, c'est la panique. Les officiers ont les pires difficultés à imposer le calme. De nombreux Indiens s'enfuient. Beaucoup sont tués en sautant au-dessus des parapets. Probablement grisés par la panique de leurs adversaires, les Allemands sortent des boyaux et avancent sans difficulté dans les tranchées indiennes.

Dans le secteur de droite, la panique gagne aussi les rangs du 58ème Rifles (58th Rifles Frontier Forces). De nombreux Indiens fuient vers l'arrière. Néanmoins des hommes réussissent à tenir les positions jusqu'à 16 heures 30 sous un déluge de grenades. La situation est de plus en plus critique. Les pertes nombreuses. (à suivre)

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25 décembre 2005

Le secteur de La Bassée

La situation générale du 19 octobre au 24 octobre 1914

Alors que les troupes allemandes avancent inéxorablement en direction de la Mer du Nord, les alliés tentent de s'organiser afin de stopper cette progression;

Le dispositif franco-britannique est le suivant :

     - une ligne partant de l'est de Messines via Armentières et joignant l'est de Radinghem est tenue par le Corps de Cavalerie britannique (british cavalry corps) du général Allenby et le 3ème Corps d'Armée britannique (3rd Army Corps) du général Pulteney.

      - à droite de ce dispositif dans le secteur de Radinghem, le Corps de Cavalerie Français du général Conneau.

     - de Givenchy les La Bassée à Radinghem où il est en contact avec le Corps de Cavalerie Français, se trouve le 2ème Corps d'Armée britannique (2nd Army Corps) commandé par le général Smith-Dorrien. La ligne établie par ce Corps forme un saillant au nord de la route La Bassée-Lille en direction de l'est vers Herlies et Aubers.

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Le 2ème Corps d'Armée britannique est composé de la 5ème division d'infanterie britannique (5th british Infantry division) à droite du dispositif et de la 3ème division d'infanterie britannique à gauche (3rd british Infantry division) à gauche. Face à ces deux divisions les troupes du Kronprinz de Bavière. (bayerish CrownPrince)

L'objectif du 2ème Corps d'Armée britannique est de couper la route La Bassée-Lille à Fournes et d'isoler La Bassée. Ce mouvement est anticipé par les Allemands qui mettent ce plan en échec.

Le 20 octobre 1914, le général Smith-Dorrien prend la décision de tenir coûte que coûte le terrain occupé par le Corps et d'empêcher la progression ennemie vers Béthune.

Dans la matinée du 22, les Allemands lancent une première attaque de large envergure. La 5ème division est rejetée hors de Violaines. La 3ème division est dans l'incapcité de tenir le front qui lui est assigné.

Dans la nuit du 22, la décision est prise de stabiliser le front sur une ligne partant de l'est de Givenchy, passant à proximité de Neuve-Chapelle. A ce moment le 2ème Corps d'Armée britannique encore composé des 3ème et 5ème divisions est renforcé par quelques unités françasies. Le total de ces forces s'élève à 32 000 hommes.

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Le 23 octobre, les 47ème Sikhs (47th Sikhs) et 1er Manchester (1st Manchester battalion) sont envoyés en soutien des bataillons de chasseurs français engagés dans le secteur de Fauquissart.

Le 24, les Allemands attaquent violemment le front de la 3ème division britannique. Stoppés par l'artillerie britannique (british artillery), ils doivent reculer. Ce même jour les derniers éléments de la Jullundur brigade sont envoyés au combat. Le 24 marque aussi le début de l'implication du Corps Indien (Indian Corps) dans les combats en France.

L'arrivée de la Meerut Division, le 28 permet la relève du 2ème Corps d'Armée britannique réduit à quelques centaines d'hommes.Le secteur assigné au Corps Indien s'étend de Fauquissat à Givenchy-les-La-Bassée. Il l'occupera durant l'intégralité de son séjour en France. (Suite dans les premiers combats à Neuve-Chapelle).

Vous pouvez retrouver ces articles plus détaillés dans le livre Les Indiens 1914-1915

Posté par Indians19141915 à 11:18 - Vers le Front - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 décembre 2005

Départ vers le front

Dans la nuit du 17 au 18 octobre, les premières unités de la Lahore Division gagnent la gare d'Orléans et les gares périphériques annexes. Les premiers trains arrivent dans la nuit du 19 au 20 octobre dans les gares d'Arques et Blendecques (Pas de Calais - 62). A peine débarqués les unités sont dirigées vers leurs cantonnements ; en général dans les bâtiments publics, fermes ou maisons.

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Un convoi en partance pour le front

La Ferozepore brigade est envoyée à Wizernes. Le bataillon du 9ème Bhopal (9th Bhopal), le plus favorisé de la brigade a deux compagnies cantonnant dans la brasserie et deux autres dans l'école des filles.

Dès le 21, la brigade reçoit l'ordre de se rassembler à Wallon-Cappel, le reste de la Lahore Division doit se concentrer plus au sud dans la région de La Bassée.

Les hommes sont transportés par trente six autobus londonniens à impériale. Ce moyen de transport va accompagner le Corps Indien durant une grande partie de son séjour en France.

Le 1er bataillon des Connaught Rangers (1st Connaught Rangers), suivi du 57ème Wilde's Rifles (57th Wilde's Rifles) et du 129ème Baluchis (129th Baluchis) embarquent rapidement et rejoignent le secteur d'Ypres (Ieper).

Posté par Indians19141915 à 17:34 - Vers le Front - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 novembre 2005

La nourriture du Corps Indien

Procéder au ravitaillement en nourritur d'une armée en campagne n'est pas chose facile. Le ravitallement de l'armée indienne relève du défi. En raison des différence ethniques et religieuses, l'intendance doit fournir un aprovisionnement adéquat à chaque culture. Les hindous ne mangent pas de boeuf, les musulmans pas de porc, les brahmanes sont végétariens ! Par ailleurs la nourriture doit être préparée par un membre de leur caste. Pour les musulmans la viande doit être apprêtée suivant les rites religieux. La bête est égorgée avant d'être découpée.

L'intendance du Corps contourne ces difficultés en fournissant une ration standard acceptée par tous.Celle-ci est essentiellement composée de riz, chappatis (sorte de galette), dall (lentilles en sauce), légumes et viande pour ceux qui peuvent en manger. Le riz, l'atta (sorte de farine grossièrement mulue à la pierre servant d'ingrédient de base pour les chappatis) et le gur (sucre indien servant aussi pour les chappatis) sont importés d'inde via Marseille. Plus tard les biscuits standard de l'armée britannique seront distribué en remplacement des galettes, sans grand succès.

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la fabrication des Chappatis

En octobre, les premières troupes arrivent au front. le temps se refroidissant, le général Willcocks et les officiers commandants les bataillons demandent qu'une quantité raisonnable de protéine soit donnée aux hommes afin de mieux supporter le froid. Confronté à diverses difficulté, les services d'intendance font venir des troupeaux de chèvres et de moutons. Ainsi débarquent régulièrement en gare d'Aire-sur la-Lys et de Lillers des troupeaux d'ovins immédiatement pris en charge par  quatre hommes détachés de chaque bataillon. Ceux-ci certifient aux autres soldats que l'animal a été abattu selon les rites.

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un abattoir rituel à Aire sur la Lys (62)

Pour les végétariens, les rations sont composées, selon les périodes de l'année de gur, dall, ghéee (beurre), pommes de terre, thé, atta et fruits.

Vous pouvez retrouver ces articles beaucoup plus détaillés dans le livre les Indiens 1914-1915.

Posté par Indians19141915 à 17:25 - Septembre 1914 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 novembre 2005

Le camp de Cercottes à Orléans

Orléans est la seconde étape du Corps Indien. Une base arrière est constituée au camp de Cercottes. Les premières unités de la Lahore Division commencent à embarquer le 30 septembre en gare de Marseille.

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Les premiers trains entrent en gare d'Orléans le 2 octobre vers 18 heures 45. Les troupes effectuent à pied les dix kilomètres les séparant du camp de Cercottes, vaste terrain d'entraînement de l'artillerie française, où les divisions indiennes reçoivent les équipements et matériels hippomobiles avant de subir un entraînement intensif précédant leur départ pour le front.

Régulièrement des défilés sont organisés dans la ville d'Orléans sous les applaudissements d'une foule enthousiaste. Ces défilés passent devant l'incontournable statue de Jeanne d'Arc.

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Lors du séjour au camp de Cercottes, l'état-Major du Corps doit répondre à deux problèmes majeurs : la nourriture et l'habillement.

Posté par Indians19141915 à 17:36 - Septembre 1914 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 novembre 2005

Marseille

Les premiers navires transportant le Corps Indien (Indian Corps) arrivent à Marseille le 26 septembre 1914. La Lahore Division est la première à débarquer. La ville accueille déjà de nombreuses troupes venant d'Afrique du Nord. Un camp de tentes est dressé au Parc Borelli. Il sera l'un des lieux d'accueil du Corps Indien durant son séJour en France.Les troupes reçoivent le fusil Enfield MKIII. Le maniement et le tir avec cette arme se fait en une journée, c'est bien peu !.

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Dès leur débarquement, quelques éléments du Corps Indien défilent dans les rues de la ville sous l'acclamation de la population. Les Marseillais bien qu'habitués au cosmopolitisme regardent avec émerveillement les Sikhs avec leur turban ou les petits Gurkhas en short.

Marseille restera un lieu de transit pour le Corps Indien où se croiseront nouveaux arrivants et soldats déclarés inaptes au combat renvoyés dans leur foyer.

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Le 12 octobre, la Meerut Division et les derniers éléments de Secunderabad Cavalry Brigade arrivent dans le port.

Posté par Indians19141915 à 18:37 - Septembre 1914 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 novembre 2005

Description des troupes indiennes

La révolte des Cipayes de 1857

En 1857, les Britanniques doivent faire face à la plus importante mutinerie de leur histoire : la  révolte des Cipayes. La plus grande partie de l'armée du Bengale se rebelle contre la domination britannique et le manque de considération envers le peuple indien. Cette mutinerie, concentrée à Meerut, est réprimée dans le sang par les troupes restées loyales à la Compagnie Orientale des Indes. Sur 148 unités, formant l'armée du Bengale seules, toutes armes confondues, 55 restèrent loyales. 

L'après mutinerie

La mutinerie entraîne une réorganisation générale tant au niveau civil que militaire.

Le système d'armée des trois grandes régions, Bengale, Madras, Bombay est maintenu avec chacune son commandant en chef. La première mesure d'importance est de dissoudre la Compagnie des Indes Orientale, de rattacher le pays à l'Empire Britannique et de nommer un Vice-Roi.

Tous les régiments mutinés sont dissous et les régiments restés loyaux récompensés. Les unités dissoutes sont remplacées par les régiments qui avaient auparavant un statut irrégulier mais étaient restés fidèles aux Britanniques : Gurkhas, Sikhs, Pendjabis.

Les Britanniques tirèrent plusieurs conclusions de cette mutinerie. La plupart des rebelles appartenaient aux castes supérieures hindoues, en particulier les Brahmanes. Ils ne voulaient pas servir aux côtés de castes inférieures et manifestaient souvent leur mécontentement sur différents sujets dont l'alimentation. Par contre, ceux qui étaient restés loyaux venaient du Pendjab. On arriva donc à établir, grâce à une étude scientifique la théorie des "races guerrières".

La nouvelle armée des Indes allait ainsi être construite sur des considérations pseudo-ethnologiques. Son principal défenseur et initiateur en fut Lord  Roberts, commandant en chef de l'armée Indo-britannique de 1885 à 1893. 

La théorie des races guerrières

Cette théorie détermine le berceau de la plupart des races dites guerrières. Il était situé dans la région nord-ouest du pays, c'est à dire les provinces frontières du nord-ouest, la frontière indo-Afghane, le Pendjab, les états unifiés dont le Garhwal. Là on y trouve selon cette théorie "des hommes grands et d'aspect impressionnant" contrairement aux races du sud qui étaient "petites et brunes".

On trouvait diverses classes (religions, castes, ethnies ou considérations géographiques) parmi ces races guerrières. Les Sikhs dont le fief était le Pendjab, étaient les plus nombreux. La renommée guerrière de ces hommes était reconnue depuis longtemps. Leur surnom commun de "Singh" (Lion) était un signe de vaillance et de bravoure. Il y avait aussi les Jats, Dogras, Pendjabis Musulmans, Pathans, Garhwalis, Gurkhas originaires du Népal.

Les classes dans l'armée indienne

Pour l'armée indienne de 1914, l'organisation militaire est basée essentiellement sur des considérations de race, religion et région. On peut donc distinguer différentes races: Les Rajputs, les Pathans, les Jats et les Gurkhas. Trois religions prédominent : l'hindouisme, le sikhisme et la religion musulmane. Diverses régions fournissent aussi des combattants tels que les Mahrattes, les Dogras, les Madrasis, les Pendjabis, les Hindoustanis. Il s'agit des principales composantes de cette armée.

Les Sikhs

A juste titre, la communauté Sikhs peut être considérée comme la plus représentée dans l'armée indienne de 1914. Les Sikhs sont probablement, avec les Gurkhas, ceux qui frappèrent les esprits lors de leur passage dans la région.

Un bref descriptif physique est fait dans "The Indian Corps in France" : "Il est généralement un bel homme de grande taille, de physique robuste et plein de dignité avec les vertus mâles inculquées par sa religion fortement développée. Le tabac lui est interdit. Ses cheveux ne sont jamais coupés et sont enroulés sur le sommet de sa tête alors que sa barbe est retirée au-dessus de ses oreilles et rentrée sous son turban…" Le sikhisme étant une religion, on trouve parmi elle diverses races ou castes : on peut citer les principales :

Les Jats descendant des Scythes.

Ils étaient originaires pour la plupart du Pendjab, du Rajputana, d'Agra et d'Oude. Il s’agissait pour la plupart de propriétaires terriens, courageux, endurants et d'excellents cavaliers. Les Jats étaient une caste sikh  supérieure dans laquelle les recruteurs britanniques de l'Armée indienne puisaient leurs soldats.

Les Mazbis provenaient d'une caste sikh inférieure composée principalement d'ouvriers. Sa devise était "Trouve une route ou fais en une". Il composaient le 34ème Sikhs Pioneers.

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Les Musulmans

Les musulmans ou soldats de confession musulmane venaient de divers districts de l'Inde. Leurs différentes classes se référaient de lieux respectifs. On trouvait ainsi les Pendjabis musulmans (Pendjab), les Madrasis musulmans (Madras) les Hindoustanis musulmans (Hindoustan) les Deccanis musulmans (Deccan), les Rajputs musulmans (Rajputana).

Les Pendjabis musulmans étaient les plus représentés dans l'armée, notamment dans l'infanterie. Contrairement aux Sikhs, il n'y avait pas de bataillons de Pendjabis musulmans mais seulement des compagnies homogènes. Un grand nombre de ces hommes vivait au nord du pays entre la rivière Indus et le Jhelem. Ils étaient les descendants des Rajputs, guerriers et commerçants Moghols. Essentiellement propriétaires terriens, ils étaient considérés comme de « bons soldats à tout faire ».  Les meilleurs étaient affectés à la cavalerie. L'autre classe musulmane importante était les Pathans.

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Les Hindous
Les Brahmanes
La plus haute caste hindoue mais la moins représentée au sein de l'Armée indienne sur le front de l'Ouest en 1914. La plupart des régiments Brahmanes était à l'origine de la mutinerie de 1857. De ce fait en 1914, il ne subsistait que deux bataillons entièrement Brahmanes dans l'armée indienne.

En réalité une seule compagnie Brahmane arriva en France en 1914 au sein du 9th Bhopal Infantry. Cette restriction n'était pas due à un manque de combativité ou à une quelconque mesure de rétorsion, mais à leur culture et leurs exigences. Ils voulaient de la nourriture cuisinée par des Brahmanes et être soignés par des médecins Brahmanes. En raison de leur position hiérarchique dans la religion, ils demandaient à être respectés par les autres hindous. Certains exigeaient même de retirer leur équipement en cuir et leurs chaussures avant de manger. Le problème majeur était le remplacement des pertes. Les Brahmanes ne pouvaient être mélangés aux non Brahmanes. Bien vite les effectifs de la compagnie présente en France se réduisirent considérablement.

Les Rajputs

Dont le nom venait du mot sanskrit "rajputra" voulant dire fils de roi, étaient originaires du Rajputana et des montagnes Dogra. Ils étaient de purs hindous Aryens et pour la plupart de caste guerrière. Ils arrivent en seconde position dans la hiérarchie Hindoue derrière les Brahmanes.

Beaucoup de nobles indiens étaient de race Rajput et constituaient la plus grande partie des armées des états princiers du nord. Il n'y avait que 4 1/2 compagnies de Rajputs dans l'infanterie de 1914 dont 3 dans le 125th Napier's Rifles.

Les Jats

Branche de la communauté qui n'avait pas adopté les traditions Sikhs. Restés de confession hindoue, ils étaient aussi fermiers et propriétaires terriens. Les 4 compagnies de Jats hindous étaient représentées dans le 6th Jats. 

Les Mahrattes

Ils étaient probablement les plus farouches adversaires des Britanniques contre lesquels ils avaient mené trois guerres sanglantes. Il y avait en 1914, six régiments de race Mahratte. Les Mahrattes étaient originaires de l'Inde centrale et du Deccan, essentiellement paysans ou  propriétaires terriens.

Les Dogras

Hindous habitant sur les contreforts himalayens au nord-ouest du Pendjab entre les rivières Chenab et Sutley, leur classification est autant géographique que raciale. Il s'agissait pour la plupart d'hommes de haute caste possédant une force de caractère hors du commun. Les Dogras descendaient en ligne directe des Aryens qui avaient été parmi les premiers envahisseurs de l'Inde.

Les Gurkhas

Originaires du Népal, ils composaient le plus grand groupe racial sur le front de l'ouest avec vingt quatre compagnies réparties dans six bataillons. Dans ces bataillons il n'y avait aucune mixité avec d'autres compagnies raciales. Durant le combat l’unité demeurait homogène. La plupart des Gurkhas était de confession hindoue.

Le Népal étant resté état indépendant,  ils combattaient à titre de mercenaires.

Les Gurkhas étaient de vigoureux montagnards. Leur race était un mélange de Mongol et de Rajput. De petite taille, ils mesuraient environ 1,50 mètre. Les Gurkhas avaient tous la même apparence ce qui faisait souvent dire en les voyant "qu'ils sortaient du même magasin d'intendance".

Le Gurkha ne se séparait jamais de son fameux "kukri" qui était à la fois un outil et une arme. Les Allemands craignaient ces combattants népalais et les considéraient comme parmi leurs plus féroces adversaires.

Les Garhwalis

Habitants de la province du Garhwal dans l'Himalaya à l'ouest du Népal, les Garhwalis ressemblaient aux Gurkhas avec lesquels ils étaient souvent confondus bien qu'ils soient moins trapus et moins musclés. C'était également une solide race de montagnards. Dès l’origine, ils furent recrutés au même titre que leurs voisins népalais pour former les régiments de Gurkhas.

Les ressemblances entre le 39th Garhwal Rifles et les régiments Gurkhas étaient tels que le 39th Garhwal reprenait en partie les traditions népalaises. Il fut ainsi équipé comme les Gurkhas. Les Rifles (chasseurs) portaient aussi le fameux chapeau (Slouch hat) et le kukri. Les Garhwalis étaient réputés pour leur endurance et leur faculté de rester à jeun pendant de longues périodes. Comme les Gurkhas, les compagnies n'étaient pas mélangées à d'autres compagnies raciales afin de garder l'homogénéité et l'esprit de corps du Garhwali.

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Livre sur les troupes Indiennes 1914 1915

Un livre sur l'histoire du Corps Indien en 1914 1915 en France est disponible à la vente depuis le 15 octobre 2005. Auteur Dominique Faivre, 168 pages, 21 cartes, 100 photos et dessins.  Attention édition limitée 200 copies !.

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Il y a 90 ans, le Corps Indien, arrivé en France en septembre 1914 (pour renforcer le Corps Expéditionnaire Britannique), s’apprêtait à quitter notre pays pour la Mésopotamie. En 1914, l’Armée des Indes était alors, la seule armée coloniale de l’Empire britannique structurée en divisions susceptibles d’être rapidement transférées et déployées sur le front Ouest.

La multiplicité des ethnies, cultures et religions la composant lui était unique. Bien formée, aguerrie au combat, elle avait fait ses preuves dans les montagnes arides d’Afghanistan et dans les campagnes de maintien de l’ordre au nord-ouest de l’Inde. Cela n’avait rien de commun avec ce qui l’attendait dans le Nord de la France et en Belgique.

Dès son arrivée, elle fut immédiatement envoyée au front (secteur de La Bassée) et maintenue plus d’un an.

Les deux divisions d’infanterie, (3ème Lahore division et 7ème Meerut division) connurent les horreurs de la guerre de tranchées. Non préparées à cette méthode de combat elles durent faire face à un adversaire redoutable.

           Le courage et la ténacité de ces valeureux guerriers Sikhs, Gurkhas, Pendjabis musulmans… leur permirent de garder le front stable en 1914 et d’entreprendre en 1915, avec les Britanniques, des offensives sanglantes dont les noms resteront à jamais gravés dans la mémoire : Neuve-Chapelle, Aubers, Festubert, Ypres, Piètre.

Plus de 6 000 combattants furent tués en un an. Le Corps indien paya un lourd tribut et c’est quasi-anéanti qu’il fut retiré du front Ouest. Le Mémorial Indien de Neuve-Chapelle nous rappelle ce sacrifice.

Ce livre se veut un hommage à la vie, aux actions menées par le Corps Indien, de son arrivée au 31 décembre 1914.

Il a nécessité des années de travail, de recherches aux archives britanniques. Nombre de photos sont inédites.

La plupart des journaux de marche, les rapports et « mémoires » d’officiers, les ordres du jour ont été minutieusement consultés afin de décrire le plus précisément possible les combats où le Corps Indien fut engagé. Son action pendant un an, nécessiterait d’importantes et longues publications.

Aussi dans un premier travail, il a été décidé de ne traiter uniquement que l’année 1914, 1915 étant présentée ultérieurement.

Dans ces premiers mois de guerre régnèrent en effet l’improvisation et l’incohérence du haut commandement. Des milliers de combattants furent impunément sacrifiés.

La finalité de cet ouvrage est de rendre hommage à tous ces hommes venus d’Asie, défendre sur le sol de France une certaine idée de la liberté.

Que les lecteurs puissent les honorer en se rendant, pour s’y recueillir au Mémorial Indien de Neuve-Chapelle.

Livre disponible à la vente au prix de 20 euros + 5 euros frais de poste à l'adresse suivante: ARHAM BP 32 SAINT VENANT 62350 (France).


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Neuve Chapelle le 28 octobre 1914

Neuve chapelle le 28 octobre 1914

Neuve Chapelle fut le théatre de violents combats en octobre 1914. Combats auxquels prirent part le troupes indiennes. La première grande offensive a lieu le 28 octobre. Le village de Neuve Capelle est alors tenu par les Allemands qui avaient poussé les Britannique du IIème Corps d'Armée Britannique (II Army Corps - Smith-Dorrien) à se replier après une lutte désepérée.

Les troupes doivent reprendre les tranchées

La situation est très critique, le général Smith-Dorrien commandant le IIème Corps fait alors appel le 27 octobre aux régiments indiens 9th Bhopal et du 47th Sikhs. Les hommes savent que les pertes britanniques ont été très lourdes les jours précédents, pourtant les ordres sont formels : il leur faut contre-attaquer.

Les Sikhs avancent en avant-garde depuis Rouge Croix. Dans l'obscurité, la progression se fait lentement en raison du terrain humide entrecoupé de larges fossés et de nombreuses haies ou clôtures. Arrivé à proximité des positions britanniques, le major Davidson (commandant le 47ème Sikhs) prend connaissance de la situation auprès du lieutenant-colonel Smith commandant le 1st Lincolnshire. Ce dernier lui expose la situation : il faut une action immédiate. Ordre est aussitôt donné d'attaquer le flanc gauche. Aucun support d'artillerie n'est disponible, les hommes doivent parcourir environ 200 mètress en terrain découvert et essuient un violent feu ennemi. Mais les Allemands reculent, les Indiens progressent lentement. Le major Browne est grièvement blessé, c'est le subadar Thakur Singh qui prend le commandement de la compagnie. Il la mène vers son objectif jusqu'à ce qu'il soit touché à son tour. Sa conduite lui vaudra plus tard la military cross. 7 Sikhs sont tués, 28 blessés. On ne peut plus avancer, il faut consolider les lignes et attendre les renforts.

Le 9th Bhopal doit quant à lui soutenir le Royal West Kent. Il faut repousser rapidement les Allemands qui tentent d'encercler la position. C'est chose faite, mais les pertes sont importantes.

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Le 28 octobre 1914

La réorganisation de la ligne de front s'effectue durant la nuit. A l'aube du 28 octobre, les positions sont tenues de la manière suivante du nord-est vers le sud-est : 1st Lincolnshire battalion, 20th Sappers and Miners company, 1/2 bataillon du 47ème Sikhs, 21st Sappers and Miners, 9th Bhopal.

A 8 heures, les commandants d'unités reçoivent les nouveaux ordres de l'état-major : une attaque sur la route de Neuve-Chapelle est nécessaire. Avec l'appui de l'artillerie française, les troupes doivent reprendre les tranchées perdues les jours précédents.

"Le bombardement doit débuter à 11 heures. A 11 heures 15, sauf contre ordre, l'avance générale sera lancée". Tels sont les ordres du général Sir Colin McKenzie.

Les hommes des 47th Sikhs et 20th et 21st Sappers and Miners ont approximativement 800 mètres de terrain découvert à parcourir. Comme prévu, à 11 heures 15, le 47th Sikhs et les Sappers et Miners progressent en lignes. A 500 mètres du village, ils essayent de se protéger du feu d'artillerie. L'avance s'effectue de manière régulière malgré de lourdes pertes. Les tranchées à l'ouest du village sont rejointes. Plusieurs allemands sont tués à la baïonnette. Les Indiens avancent lentement dans les rue du village ou de nombreux Allemands se sont retranchés. Maison après maisons, ils tentent de les déloger. Des combats au corps à corps ont lieu.

Les Allemands se défendent désespérément. Après un long et dur combat, la totalité de la rue principale tombe entre les mains des troupes indiennes. Mais les Allemands ne baissent pas les bras, au contraire ils contr-attaquent en force balayant les troupes du feu de leurs mitrailleuses.

Les hommes tombent les uns après les autres, parmi eux : le lieutenant Hayes-Sadler tué ; le capitaine Paris blessé et fait prisonnier ; le lieutenant Rait-Kerr, grièvement blessé et secouru par l'un de ses hommes, Dalip Sing ; le capitaine Richardson tué et ses deux subalternes : les lieutenant Rhodes et Almond. Le 47th Sikhs perd le capitaine Jim McCleverty. Le 9th Bhopal, son commandant, le lieutenant-colonel Anderson. Malgré cela, les positions sont tenues pendant plusieurs heures. Pourtant il faut se rendre à l'évidence, le seul salut passe par un repli général.

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Vue de Neuve Chapelle pendant l'hiver 1914

Les forces indiennes sont maintenant en infériorité numérique, l'ennemi s'étant considérablement renforcé. Le retrait s'effectue graduellement et en bon ordre, dans l'obscurité, la lueur des maisons incendiées. Il faut à nouveau traverser les 800 mètres de terrain découvert sous un déluge de balles et d'obus. Le village de Neuve-Chapelle est à nouveau perdu. Les Allemands l'ont investi en force. Il est imposible de les déloger sans un renfort important.

Pour cette première journée de combat en France, les pertes indiennes sont importantes le 47th Sikhs : 18 tués, 160 blessés, sur un total de 289 hommes avant la bataille. Le 9th Bhopal 262 officiers britanniques,indiens et Sepoys, tués, blessés ou disparus.

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